Saint-Romuald, le 18 octobre 2002

 

  

Monsieur Jean Rochon

Directeur régional

Ministère des Ressources naturelles

Direction régionale de la gestion du territoire public de la capitale nationale

5700, 4e Avenue Ouest, bureau E 303

Charlesbourg (Québec)  G1H 6R1

Tél : 627-6369

Fax : 646-9904

Courriel : capitale.nationale@mrn.gouv.qc.ca

 

 

Réaction face au concept et scénario de développement des activités récréotouristiques en territoire public  en Chaudière-Appalaches

  

 

Monsieur,

 

 Le 30 avril dernier, dans le cadre d’une consultation sur le plan régional de développement du territoire public, le Conseil régional de l’environnement de Chaudière-Appalaches vous faisait part de demandes concernant le développement de la villégiature et des activités motorisées sur les terres du domaine de l’État. À la lecture du présent scénario nous constations que ces demandes n’ont été que partiellement prises en compte.

 

Le Conseil régional de l’Environnement Chaudière-Appalaches est en accord avec la décision de ne pas développer de villégiature à caractère privé sur les terres public de la région. Il conserve toutefois de très vives préoccupations face à l’implantation d’hébergements collectifs et de réseau de sentiers de motoquad, particulièrement dans les milieux riverains des lacs, cours d’eau et autres milieux humides de Chaudière-Appalaches, avant que le débat sur les aires protégées n’ait eu lieu et qu’une politique de gestion intégrée des ressources ne soit mise en place sur les terres du domaine public. Ces préoccupations, à peu de choses près, découlent des mêmes « considérants » qu’en avril dernier

 

 

CONSIDÉRANT :

 

1.      Que la région Chaudière-Appalaches ne comporte que 11% de terres publiques  et que 99 % de ce territoire est déjà alloué à des exploitants forestiers;

 

2.      Que moins de 1% du territoire forestier de Chaudière-Appalaches est constitué en aires protégées et que les trois quarts de ce 1% sont constitués par le Parc Frontenac ;

 

3.      Que le Gouvernement du Québec s’est engagé à protéger 8% de son territoire et qu’il serait normal qu’une portion supérieure à 1% des riches écosystèmes forestiers de Chaudière-Appalaches soit aussi protégée ;

 

4.      Que peu de recherches ont été entreprises, jusqu’à maintenant, pour identifier des aires à protéger en Chaudière-Appalaches et qu’une portion de ces aires à protéger pourrait être située sur terres publiques ;

 

5.      Que les installations d’hébergements collectifs et de sentiers de véhicules motorisés doivent être considérées comme des infrastructures lourdes pouvant avoir des impacts sérieux sur l’environnement et la biodiversité ;

 

6.      Qu’il est difficile de résilier un bail déjà accordé ;

 

7.      Que les milieux riverains sont, en général, les plus riches en biodiversité ;

 

8.      Que les plans d’eau sont rares en Chaudière-Appalaches ; qu’il ne reste que peu de berges, de lacs et cours d’eau accessibles au public ;

 

9.      Que les rives de plans d’eau et de cours d’eau importants qui n’ont pas encore été altérés par la villégiature, l’agriculture ou l’urbanisation constituent une portion infinitésimale des milieux riverains de la région ;

 

10.  Que les critères d’ouverture des plans d’eau à l’hébergement collectif (lacs de plus de 20 ha, 60% et moins d’occupation des rives) semblent bien insuffisants pour préserver la rareté et la fragilité des écosystèmes et des paysages;

 

11.  Que les cours d’eau et la rive des lacs constituent souvent des couloirs de déplacement importants pour la faune ;

 

12.  Que, en particulier, la bande frontalière constituée par la rivière Saint-Jean est un lieu de passage important pour l’orignal ;

 

13.  Que la détérioration de l’habitat du poisson par des véhicules tout-terrain qui circulent dans les cours d’eau constitue un problème important et croissant ;

 

14.  Que, selon la vision du développement durable, il importe de procéder de façon globale par une politique de gestion intégrée des milieux naturels situés sur territoire public qui donnerait la priorité à leur conservation pour le bénéfice du public (de la collectivité) et de la biodiversité.

 

  

Le Conseil régional de l’environnement de Chaudière-Appalaches réitère les demandes suivantes :

 

·        Qu’aucun développement du type « hébergement collectif » ou « sentier pour véhicule moteur récréatif » ne soit autorisé à moins de plusieurs centaines de mètres des rives des plans d’eau et des cours d’eau de Chaudière Appalaches.

 

·        Qu’aucun bail d’hébergement collectif ou de sentier pour véhicule moteur récréatif ne soit alloué avant que le débat sur les aires protégées n’ait eu lieu et qu’une politique de gestion intégrée des ressources ne soit mise en place sur les terres du domaine public.

 

Le Conseil régional de l’Environnement de Chaudière-Appalaches possède une expertise en évaluation des milieux humides grâce à un des programmes qu’il pilote depuis deux ans sur les terres privées de la Région. Nous sommes donc ouverts à discuter d’éléments de développement plus ciblés et de critères de développement du territoire public.

 

Dans cet esprit de collaboration, veuillez recevoir, Monsieur, mes salutations les meilleures.

 

  

Guy Lessard

Président

  

GL/jb

 p.j.

 c.c. :  Monsieur André Boisclair, ministre d’État à l’Environnement et à l’Eau

          Monsieur Bob van Oyen, directeur régional MENV Chaudière-Appalaches

Monsieur Guy Boucher, directeur de la direction de l’aménagement de la faune, FAPAQ région Chaudière-Appalaches