
COMMUNIQUÉ
Rapport Coulombe sur la gestion de la forêt publiqueLe gouvernement dOIT MAINTENIR
LE CAP |
Breakeyville,
le 30 mai 2005
– Le Conseil
régional de l’environnement Chaudière-Appalaches (CRECA) se joint au
Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du
Québec
(RNCREQ) pour demander au gouvernement du Québec de maintenir sa
détermination
à mettre en œuvre les recommandations de la commission Coulombe. «Le
gouvernement a fait preuve de leadership et d’un grand sens des
responsabilités
en proposant rapidement des mesures correctives à la possibilité
forestière.
L’évaluation des dernières années favorise un rythme de récolte qui
compromet
la pérennité de la ressource», a déclaré Guy Lessard, président du
CRECA.
Comme de nombreux autres intervenants, le
Conseil
régional de l’environnement Chaudière-Appalaches milite depuis de
nombreuses
années pour que le gouvernement du Québec procède à une réforme en
profondeur
du régime forestier dont le premier
objectif sera l’aménagement forestier durable. Ce nouveau régime doit
viser le
maintien de la biodiversité et des écosystèmes, le respect d’un
rendement
soutenu, et enfin, une gestion écosystémique et intégrée des ressources
permettant l’usage démocratique et polyvalent des forêts.
Pour M. Lessard, «le
rapport scientifique de la commission Coulombe confirme nos inquiétudes à
l’égard de la fiabilité des calculs de la possibilité forestière :
il y a
actuellement et depuis plusieurs années une sur-récolte de bois au
Québec.
Celle-ci a pour conséquence de compromettre à moyen terme la survie de
l’industrie forestière et des autres activités qui dépendent de la
forêt, les
emplois associés, l’économie de notre région et l’avenir des communautés
qui y
vivent.»
Malgré les nombreux
signaux d’alarmes qui ont été émis ces dernières années, les
gestionnaires ont
été lents à réagir, rendant la réforme nécessaire plus difficile à
accepter. Et
le manque d’information et de connaissance sur l’état de la forêt de nos
régions complique encore davantage la situation. Mais il y a un réel
problème
d’approvisionnement et il faut réagir de manière responsable. Prétendre
le
contraire, c’est accepter que se poursuive à notre unique profit le
prélèvement
de ressources qui appartiennent aux générations futures.
Le CRECA est néanmoins
solidaire des personnes directement ou indirectement touchées par cette
importante réforme et nous comptons sur le gouvernement et l’industrie
pour
qu’ils mettent en place des mesures transitoires et compensatoires
adéquates.
En s’associant au RNCREQ dans cette démarche, nous voulons inciter le
gouvernement à mettre en place des solutions durables pour assurer le
maintien,
voire pour accroître, les bénéfices que la forêt apporte à notre région,
tant
pour aujourd’hui que pour demain. Cela implique notamment :
·
Que le
gouvernement poursuive sa démarche de mise en
œuvre des recommandations du rapport Coulombe. Outre la réduction de la
possibilité, le CRECA attend notamment le parachèvement du réseau d’aires protégées,
l’institution d’un poste de vérificateur
forestier et l’instauration de l’aménagement écosystémique ;
·
Que le
gouvernement soutienne l’industrie forestière
par des programmes adaptés à chaque région, notamment par l’injection de
fonds
pour favoriser l’aménagement forestier durable et pour développer tant
l’industrie de la 2e et 3e transformation que
celle des
produits et services forestiers non ligneux ;
·
Que le
gouvernement mette en place et finance un
mécanisme régional pour assurer la mise en œuvre des recommandations du
rapport
Coulombe, pour approfondir les connaissances sur la forêt (notamment un
portrait de la
santé des écosystèmes forestiers et de leurs ressources),
pour favoriser la concertation des intervenants régionaux autour d’un
diagnostic crédible et pour identifier les mesures correctives
appropriées ;
·
Que le
Ministère du Développement durable, de
l’Environnement et des Parcs soit intégré à cette démarche ;
·
Que le
gouvernement finance la participation des ONG
sur les structures régionales (commission forestière et organismes de
planification) ;
·
Que le
gouvernement mette en place des mesures pour
éviter la liquidation de la forêt privée.
Rappelant le drame qui sévit toujours dans les
régions côtières de l’Est suite à l’effondrement des stocks de poisson,
le
CRECA considère que l’importance de la forêt chez nous justifie la plus
grande
prudence en ce qui concerne l’évaluation de la possibilité forestière.
En attendant les nouveaux calculs, mettons en
place
un cadre de gestion durable de notre forêt en misant sur la
diversification des
usages. Il faut aujourd’hui tourner le dos au modèle unique qu’on nous
impose
depuis des décennies. Un modèle centré sur la ressource «bois» qui
visiblement,
n’a pas permis de rencontrer les attentes de développement durable des
régions
du Québec.
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Source :
Guy Lessard, président du CRECA (418) 338-1906
Luce Balthazar, responsable du dossier Forêt du
RNCREQ (418) 721-5711